Organisation du conseil syndical

Agir en justice au nom de la copropriété : qui décide et qui paie

L’équipe CoproHarmony1er septembre 20268 min de lecture
Mots-cléslitigeassemblée généralesyndicbudget
Dossier juridique d’une copropriété engageant une action en justice

Une procédure engagée sans budget voté et sans stratégie s’arrête au premier appel de fonds. C’est la façon la plus coûteuse de perdre.

Une entreprise a mal exécuté des travaux, un copropriétaire refuse de payer ses charges depuis trois ans, un voisin refuse de retirer une construction irrégulière. À un moment, la question se pose : la copropriété doit-elle aller en justice ?

Le sujet est moins juridique qu’organisationnel. Une action se prépare, se vote et se finance ; une copropriété qui saute l’une de ces trois étapes se retrouve avec une procédure abandonnée en cours de route, et des honoraires payés pour rien.

Qui peut agir

Le syndicat des copropriétaires est représenté par le syndic. Celui-ci ne peut pas engager n’importe quelle action de sa seule initiative : il doit y être habilité par l’assemblée générale, sauf pour certaines actions expressément prévues, notamment le recouvrement des charges.

  • Le recouvrement des impayés relève de la gestion courante : voyez la procédure de recouvrement.
  • Les autres actions supposent une habilitation votée, avec un objet précis.
  • Un copropriétaire peut agir individuellement pour défendre son propre lot, mais pas au nom du syndicat.
  • Le conseil syndical n’a pas qualité pour agir : il prépare, il ne représente pas.

Le dernier point est régulièrement mal compris, et il est traité plus largement dans le rôle du conseil syndical.

Rédiger l’habilitation correctement

C’est là que la plupart des dossiers se fragilisent. Une résolution qui habilite le syndic « à agir en justice » sans autre précision est trop vague ; une résolution trop étroite oblige à revoter dès que la procédure évolue.

  • L’objet de l’action et la partie visée, nommément.
  • Les juridictions concernées, y compris en appel si l’assemblée l’entend.
  • Le budget alloué, avec la source de financement.
  • La désignation de l’avocat, ou au minimum le mandat donné au syndic pour le choisir.

Une résolution complète évite une assemblée supplémentaire six mois plus tard. C’est le même travail de rédaction que pour un ordre du jour exploitable.

Le coût réel, et qui le supporte

Les frais d’une procédure sont des charges de la copropriété, réparties selon les règles applicables. Ils comprennent les honoraires d’avocat, les frais d’expertise judiciaire — souvent le poste le plus lourd — et les frais de procédure.

Deux points méritent une vérification préalable : le contrat d’assurance de l’immeuble comporte-t-il une protection juridique, et à quelles conditions ? Et les honoraires du syndic pour le suivi de la procédure sont-ils inclus dans son forfait, ou facturés en plus ? Voyez les garanties du contrat et les prestations particulières du syndic.

Ce qui se joue avant le tribunal

Une action en justice se gagne surtout sur les pièces. Un désordre documenté, photographié, daté, relancé par écrit constitue un dossier ; le même désordre raconté de mémoire trois ans plus tard ne pèse rien.

C’est la contribution la plus utile du conseil syndical, et elle se prépare des années avant : voyez le registre des incidents, la relance des entreprises et la réception des travaux.

Un procès se gagne avec les photos prises trois ans plus tôt, pas avec les arguments trouvés le mois précédent.

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